« Rouge » de Carl Aderhold

Édition : Éditions Pocket Genre : Littérature française Pages : 352

Quatrième de couverture : Il a grandi parmi les portraits de Marx et de Lénine, leur doit le prénom qu’il porte et une enfance monochrome. Rouge. Rouge de la cause qui obsédait son père. À la mort de ce dernier, Carl bazarde tout le bric-à-brac à faucille et marteau, les vieux numéros de l’Huma… et solde une fois pour toutes l’héritage familial. Amertume. Regrets. Culpabilité. Car l’homme qui l’a fait naître n’a pas élevé un fils : il a dressé un militant. Hors le parti, point de salut. Point de tendresse. Des années plus tard, le fils raconte le père en suivant qu’une ligne : la sienne.

Série? Non.

Autres livres de l’auteur déjà lu : Aucun, celui ci est mon premier.

Premières phrases : Je croyais pourtant avoir tout oublié. J’avais tout oublié. La porte ouverte dessine un rectangle de lumière sur le carrelage. Des grains de poussières volettent dans l’air. Je traverse la pièce, tâtonne pour trouver la poignée de la fenêtre. Le bois des persiennes a joué. Je pousse d’un coup violent. Le soleil m’éblouit, inonde l’intérieur. Des meubles surgissent, indifférents et las. Des bibelots familiers se dissimulent sous une épaisse couche de crasse. Les souvenirs qui s’en échappent ont le sourire grimaçant des cadavres qu’on déterre.

Ma chronique :

Carl Aderhold est éditeur et écrivain. Accompagné de sa petite sœur Mathilde, ils vident la maison de leur père, qui est décédé. Une tâche qui est toujours particulièrement pénible à accomplir. Pas pour Carl. Il jette absolument tout, sans aucune exception. Parce que dans cette maison, tout est « Rouge » du sol au plafond. Rouge comme le communisme, auquel son père vouait un véritable culte.

Entre ces pages il va raconter, il va s’ouvrir à nous. Nous faisant partager son enfance, son adolescence au rythme des souvenirs qu’il a longtemps repousser mais qui sont maintenant les plus fort. Des souvenirs d’une vie de famille au côté d’un père qui était entièrement voué au parti. Un homme qui parlait communisme, dormait communisme, vivait communisme, jusqu’à la violence verbale et physique. Même son propre prénom, Carl, en est un hommage.

Il va également remonter les générations Aderhold est nous parlé d’un mal qui frappe les hommes de cette famille. Un mal que sa grand-mère appelait une malédiction.

Entre ces pages, il va se raconter. Nous parler de ses ressentis, de ses émotions, de ses sentiments si contraires pour son père. Nous parler de ses regrets, de ce sentiment de culpabilité qui lui colle à la peau.

Comment grandir sans figure paternelle aimante ? Comment s’épanouir pleinement, librement lorsque l’on doit suivre une ligne de conduit qui n’est pas la nôtre ? Quel héritage familial laissé à nos propres enfants ?

Ce livre m’a touché. J’ai été ému par l’auteur. Par l’homme, par l’adolescent, par le petit garçon. Pour moi, rien que le fait que l’auteur se soit mis à nu de cette façon devant le lecteur est à applaudir. Que l’on apprécie ou non, c’est quelque chose de très courageux et je tenais donc, avant toute chose, à le souligner. L’auteur raconte, donc il n’y a que très peu de dialogue, mais ce n’est pas dense pour autant. Le plume est fluide, les mots utilisés ne sont pas compliqués. Sa façon d’écrire, de raconter, nous entraîne avec lui dans ses souvenirs, dans son passé, mais aussi dans celui de sa famille. Le passé et le présent s’entremêlent sans que cela devienne dérangeant. Dans ce livre, il attrape un des souvenirs qui le submerge et nous le fait partager. Sans filtre, sans paillettes, sans embellir la réalité, sans en faire trop. Et c’est vraiment ce qui m’a le plus ému. Au fil des pages, on ne peut que ressentir de l’empathie. Pour le petit garçon, qui veut tout faire pour plaire à son papa, pour être regardé et aimé. Pour l’adolescent, qui comprend maintenant un grand nombre de choses, qui voudrait simplement être remarqué pour ce qu’il est, pas pour ce qu’il pourrait ou devrait être. Et enfin, pour l’homme, devenu adulte, dont on ressent les fêlures. Un homme qui craint plus que tout de reproduire ce schéma avec ses propres enfants. J’aime beaucoup ce genre de lecture où on peut voir « l’envers du décor ». Découvrir ce qui peut être caché derrière un regard, un geste, une attitude. Parce qu’on n’a pas tous eu la chance de vivre une enfance idyllique. Parce qu’on a tous nos bagages derrière nous et qu’on doit apprendre à vivre avec eux le plus harmonieusement possible.

À bientôt,

Laurie

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